Ça y est, tu décides de refaire ton site, félicitations 🥂
On t’a dit qu’il fallait un cahier des charges avant de contacter un prestataire web. Alors tu as ouvert un document, tu as écrit « Cahier des charges site internet » en haut de la page… et tu as bloqué.
C’est normal. Et c’est exactement pour ça que j’écris cet article.
La plupart des guides sur le sujet sont écrits par des agences web pour d’autres agences web. Ils parlent de « spécifications fonctionnelles », « d’arborescence cible » et de « parcours utilisateur ». Pas vraiment utile quand tu es boulanger, thérapeute ou artisan et que tu veux juste un site qui te ressemble.
On regarde ensemble ce dont tu as vraiment besoin et ce que tu peux laisser de côté sans culpabiliser.
C’est quoi vraiment un cahier des charges ?
Un cahier des charges, c’est juste une façon de se mettre d’accord avant de commencer.
Ce n’est pas un document juridique, ce n’est pas un contrat, ce n’est pas un rapport technique.
C’est simplement un outil pour que toi et ton prestataire partiez du même endroit et évitiez les malentendus en cours de route.
L’objectif pour toi, c’est :
- De te forcer à poser un cadre concret à ton projet et à tes idées
- De définir tes attentes, tes contraintes et ton budget
- D’avoir un support de comparaison pour ton devis
Un bon cahier des charges pour un site de TPE ou d’artisan tient sur 2 à 5 pages. Pas 40.
Si ton prestataire te demande directement un document de 40 pages avant même d’avoir discuté de ton projet, c’est un signal d’alarme pour un projet qui risque de devenir complexe.
Les 6 choses essentielles à mettre dans ton cahier des charges.
1. Qui tu es et ce que tu fais
Ici tu racontes l’histoire de ton entreprise ou ton activité. Pas ta biographie complète mais juste l’essentiel pour mieux te connaitre.
Quelle est ton activité, depuis combien de temps, où tu es basé(e), et ce qui te différencie de tes concurrents.
C’est le point de départ de tout projet web sérieux. Si tu ne sais pas encore quoi dire, c’est déjà une info utile et on pourra travailler là-dessus ensemble.
2. À qui s’adresse ton site
Qui sont tes clients ? Des particuliers, des professionnels, des passionnés ? Un site pour un public de 25 ans n’est pas construit de la même façon qu’un site pour des retraités ou des entreprises. Plus tu es précis(e), mieux c’est, même si tu n’as pas encore toutes les réponses.
3. Ce que tu veux que les visiteurs fassent
C’est la question la plus importante et celle qu’on oublie le plus souvent.
Quand quelqu’un arrive sur ton site, quelle est l’action que tu veux qu’il fasse ? Te contacter ? Commander un produit ? Prendre rendez-vous ? Prends le temps d’y répondre honnêtement, ça va guider toutes les décisions de conception qui suivront.
4. Ce que comprend ton projet
Ici l’objectif est de faire l’inventaire de ce que tu veux pour le site.
Combien de pages ? Un formulaire de contact ? Une boutique en ligne ? Un blog ? Pas besoin d’être exhaustif(ve), liste simplement ce dont tu as besoin, pas ce que tu penses devoir demander. Et si tu ne sais pas, dis-le aussi, c’est exactement le genre de chose qu’on clarifie ensemble lors d’un premier échange.
5. Ton budget approximatif
Je sais que parler budget, ça fait peur. On a souvent l’impression que si on donne un chiffre, on va se faire avoir.
En réalité, c’est l’inverse qui se passe : donner une fourchette permet à ton prestataire de te proposer ce qui est vraiment faisable dans ton enveloppe, plutôt qu’un devis qui ne correspond pas à ta réalité. Cela te permet aussi de poser une limite claire de ton côté sur ce que tu peux accepter, ou non.
6. Tes références visuelles
Essayes de sélectionner trois ou quatre sites que tu aimes, pas forcément dans ton secteur.
Pour chacun d’entre eux, précises ce que tu aimes ou au contraire ce que tu ne veux surtout pas.
C’est souvent là que se révèle ton vrai goût, bien plus qu’une longue description. Et crois-moi, c’est la partie que tes prestataires préfèrent lire.
Ce que tu n’as pas besoin de savoir pour rédiger ton cahier des charges.
Un cahier des charges, c’est une première base pour créer, échanger et avancer avec ton prestataire.
Il doit permettre de définir un périmètre simple, sans être trop complet.
Alors ici pas besoin de :
- Choisir ta technologie : WordPress, Wix, Shopify, PrestaShop… c’est le rôle de ton prestataire de te conseiller selon ton projet et ton budget. Si tu le choisis toi-même sans expertise, tu risques de partir sur le mauvais outil. Laisse-toi guider là-dessus.
- Détailler chaque fonctionnalité : « Je veux un formulaire de contact » suffit. Tu n’as pas à expliquer comment il fonctionne techniquement, tout sera défini ensemble lors de la conception
- Savoir combien ça coûte avant de commencer : C’est justement l’objet du devis que tu recevras après avoir partagé ton cahier des charges. Ce que tu peux faire, c’est préciser une fourchette comme on en a parlé juste au-dessus, ce qui te permettra de comparer les devis que tu reçois.

Un template simple pour te lancer : à toi de jouer.
Voici les huit questions auxquelles répondre pour poser une base claire pour ton projet de site web.
Une par une, sans te mettre la pression. Tes réponses formeront naturellement ton cahier des charges.
Mon activité en trois phrases :
Exemple : « Je suis tapissière d’ameublement installée à Lyon depuis 2022. Je rénove des meubles anciens et crée des rideaux et coussins sur mesure en fibres naturelles. Je travaille principalement pour des particuliers qui veulent donner une seconde vie à leurs meubles. »
Mes clients sont :
Exemple : « Des particuliers entre 35 et 55 ans, sensibles à la décoration et à l’artisanat, qui préfèrent rénover plutôt que racheter. Parfois des professionnels (architectes d’intérieur, hôtels) qui cherchent un artisan de confiance. »
Ce que je veux qu’ils fassent en arrivant sur mon site :
Exemple : « Me contacter pour demander un devis. Pas commander directement : je veux d’abord échanger avec eux pour comprendre leur projet. »
Les pages dont j’ai besoin :
Exemple : « Une page d’accueil, une page qui présente mes services, une galerie de réalisations, une page à propos et un formulaire de contact. Peut-être un blog plus tard, mais pas pour commencer. »
Mon budget approximatif :
Exemple : « Entre 1 500 et 2 500€. Je sais que ça peut varier selon le projet, c’est pourquoi je donne une fourchette plutôt qu’un chiffre fixe. »
Trois sites que j’aime bien et pourquoi :
Exemple : « J’aime [site 1] pour ses photos chaleureuses et son ambiance artisanale. J’aime [site 2] pour sa clarté, on comprend tout de suite ce qu’ils font. J’aime [site 3] pour ses couleurs douces et sa typographie élégante. »
Ce que je ne veux surtout pas :
Exemple : « Pas de fond noir, pas de look trop ‘tech’ ou froid. Pas de photos de banque d’images avec des gens qui sourient trop. Et surtout pas un site qui ressemble à celui de tout le monde. »
Ma deadline si j’en ai une :
Exemple : « J’aimerais être en ligne avant le salon de la déco en novembre donc idéalement lancement en octobre au plus tard. »
C’est tout ! Si tu réponds à ces huit questions, tu as un cahier des charges opérationnel.
Tu bloques encore ?
Certains de mes clients arrivent sans cahier des charges du tout. Juste avec une envie, quelques questions, et l’impression de ne pas savoir par où commencer.
C’est très bien aussi.
Le cahier des charges peut se construire ensemble, lors d’un premier échange. Tu parles de ton activité, de ce que tu veux, de ce qui te fait peur, et on avance à partir de là. Pas de jargon, pas de pression, juste une conversation.
Si tu as un projet en tête, même flou, même pas encore tout à fait défini, on peut en parler. 30 minutes suffisent pour y voir plus clair.